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Concert Jeunes talent AD LIBITUM

Eglise Saint-Médard

14 rue Monmartel

91800 – BRUNOY

91800 Brunoy

Ouvertures

Dimanche 23 juin 2024 de 16h30 à 17h45.

Tarifs

Entrée libre participation aux frais du concert.

Espèces

Concert Jeunes talent AD LIBITUM

CONCERT DES JEUNES TALENTS

Jeanne MAUFRONT, flûte à bec
Esteban DUPONT, flûte traversière
Deux jeunes talents magnifiques, élèves au conservatoire du Raincy (93) et au conservatoire du Val d’Yerres Val de Seine

Même si des musiciens professionnels viennent se produire et montrent l’exemple, l’association AD LIBITUM prend au premier chef le soutien des jeunes talents, en les préparant chaque semaine pour les accompagner à atteindre leur excellence et, partager enfin en concert dans la magnifique église Saint-Médard le fruit de leur travail, et leur sensibilité à travers les chefs-d’œuvre.

Il est très heureux que nombre de jeunes restent sensibles dans leurs apprentissages à la beauté, ainsi qu’au haut sentiment que l’on trouve dans les œuvres magistrales.
Pour ce concert nous écouterons deux jeunes magnifiques qui auront travaillé plusieurs mois pour venir partager ce qu’ils aiment et une part d’eux-mêmes, celle du sensible. Jeanne avec sa flûte à bec viendra nous jouer deux merveilleuses sonates : l’une de Telemann, compositeur de l’époque baroque qui fait preuve d’une grande science musicale, avec une variété dans le traitement mélodique allant de l’incisif à des plus longues notes qui s’étirent ; l’autre sonate est de Haendel dont les linguistiques de provenances diverses que lui offraient le monde musical de son époque, fusionnent en un organisme grandiose splendidement homogène, c’est un esprit enclin à extérioriser une certaine opulence des formes, de couleurs harmoniques, d’accents déclamatoires et dramatiques.
La poétique baroque sera admirablement déclamée par le talent et l’intelligence musicale de Jeanne.

Esteban, voilà un jeune flûtiste bouleversant qui va jouer magistralement un programme sublime, et que l’on entendra l’année prochaine dans un récital qui lui sera intégralement consacré.
Dans l’immortelle poème musical de l’Orphée de Glück, le son n’est plus celui de la flûte, mais le chant du ciel qui rejoint la terre et nous met en présence d’un moment séraphique ineffable. Tragique interférence entre la musique et la littérature, le pauvre Orphée s’est en effet retourné pour voir sa belle Eurydice dont il est éperdument amoureux, qu’il est venu chercher dans les enfers. Les dieux des enfers ont été charmés par le son de la lyre d’Orphée à tel point qu’ils acceptent de libérer Eurydice à la condition qu’il ne la regarde pas tant que les enfers ne sont pas franchis. Or, Eurydice s’inquiète et prend pour de l’indifférence d’Orphée de ne pas se retourner pour la regarder, et ce dernier cède, Eurydice meurt.

L’effervescence joyeuse et parfois taquine de la sonate de Donizetti est un savoureux duo entre la flûte et le piano, qui par moment badinent. Nous entendrons une technique flutistique incisive, virtuose avec des envolées lyriques.

Muramatsu, compositeur japonais dont sa pièce lumineuse à l’émotion à fleur de peau va nous ravir les oreilles et les cœurs. Avec Muramatsu, nous pensons aussi à Joe Hisaishi qui est peut-être le compositeur le plus connu de la stylistique japonaise, qui a écrit nombre de musique sublimes pour accompagner les chefs-d’œuvre cinématographiques : les dessins animés du studio Ghibli. Esteban va nous faire un exemple touchant de l’émotion musicale japonaise, qui est une joie à écouter par la douceur et la coloration du dessin mélodique qui lance un appel, et soutenu par un accompagnement au piano avec de jolies arabesques en soutien à la flûte. La résonnance globale de ce morceau de musique nous convie à la poétique du rêve.

Le concert se terminera par le magnifique Concertino de Cécile Chaminade, compositrice des XIXe et XXe siècles qui a écrit au moins 200 pièces pour le piano et pas moins de 400 œuvres figurent dans son catalogue thématique, elle fit aussi une brillante carrière de pianiste, le public l’adorait. Sa musique nous plonge dans un style naturaliste un brin romanesque.
La saga que certains connaissent – Anne with an E – lui consacre d’ailleurs une place dans un épisode lorsque la compositrice fait un récital de piano, dans la demeure d’un des personnages phare de la série, ce qui témoigne de l’engouement des salons bourgeois pour la pianiste.
Nous entendrons dans le concertino un thème qui se laisse aller au gré des flots avec des ondulations, et le « sans rigueur » inscrit au début de la partition laisse libre cours à un élan dont Esteban dose le sentiment avec juste assez d’agogique sans cesse renouvelé par l’émotion de l’action.

Le relief horizontal du thème à la flûte allié à l’écriture du piano à la stabilité plus verticale, crée un contraste entre la flûte et le piano, mais malgré sa rigueur encadrante, ce dernier ne résiste pas et se laisse attendrir par le thème pittoresque et délicatement sensible de la flûte.
Les envolées virtuoses donnent une impression de mouvements des vagues et du vent qui nous emportent, dont le jeune flutiste se laisse lui-même transporter.
La coda majestueuse et symphonique mettra brillamment le point final à ce beau concert, qui nous donnera envie d’applaudir chaleureusement Esteban et de revenir l’écouter dans un an.

Venons nombreux écouter et applaudir Jeanne et Esteban, ils le méritent totalement.

Bien à vous,
Association AD LIBITUM
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